Bucarest, la ville qui ne dort jamais

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Les artistes étrangers adorent Bucarest. Ils disent que le pouls de cette capitale européenne se ressent à un rythme qu’ils aiment et qui leur fait aimer la vie dans la « ville qui ne dort jamais ».

Noga est l’un des nombreux fans que Bucarest compte parmi les étrangers vivant ici. La jeune de 26 ans est née à Haïfa, en Israël. Son deuxième nom, Ana – Maria, rappelle les origines roumaines de sa famille. Ce sont précisément ces origines qui l’ont amenée à chercher ses racines et à venir en Roumanie pour devenir artiste.

Même si elle est née et a grandi en Israël, Noga Ana-Maria Abramovici a toujours senti que sa place n’était pas là. Ce sentiment est peut-être né de l’histoire de sa famille. Les parents de la jeune femme ont émigré en Israël il y a plus de 30 ans, lorsque des juifs du monde entier ont cherché leur place dans ce jeune État. Cependant, ils n’ont pas oublié leurs liens avec le pays d’où ils sont partis, et dans la maison où Noga a grandi, il y avait une forte influence roumaine.

Faisant partie d’une famille passionnée d’art, Noga enseigne le violon et le piano depuis quatre ans, ainsi que la danse et la peinture. « Finalement, j’ai réalisé que la musique est mon destin et que c’est la seule façon de m’exprimer à tous points de vue. Je ne pense jamais à faire autre chose dans ma vie », raconte la jeune femme.

Bucarest est plein d’artistes de tous les domaines

Dès qu’elle a fini ses études secondaires, à l’âge de 17 ans, Noga a désiré de venir étudier à Bucarest. Malheureusement, elle n’a pas pu mettre en œuvre ce plan, elle a donc dû se rendre à l’Académie de Musique et de Danse de Jérusalem. À 19 ans, elle a commencé à pratiquer, étant employée dans l’Orchestre Symphonique de Haïfa.

La violoniste Noga Ana-Maria Abramovici a commencé sa vie à zéro à Bucarest.

Mais elle n’a jamais négligé les projets qui l’aideraient à réaliser son rêve d’étudier à l’Université Nationale de Musique de Bucarest. « J’ai toujours ressenti le lien profond avec mes racines roumaines et j’étais sûre de pouvoir y vivre un jour », souligne-t-elle.

Ce n’est pas la seule raison qui l’a poussée à quitter Israël. Noga affirme que dans son pays natal, la culture n’est plus valorisée comme elle devrait. De plus, la jeune génération ne montre aucune ouverture à la musique classique, il est donc très difficile pour un artiste de ce type de se produire professionnellement. « J’ai choisi de partir de là et de commencer un nouveau chapitre de ma vie. Bucarest a été mon premier choix, d’autant plus que je voulais vraiment étudier avec le professeur Gabriel Croitoru, un excellent violoniste et professeur, de renom international. J’ai eu le grand honneur d’être acceptée comme l’une de ses étudiants et aujourd’hui, outre les projets artistiques dans lesquels je suis impliquée, j’étudie le violon à l’Université Nationale de Musique de Bucarest », se souvient Noga.

Jusqu’à son arrivée à Bucarest, elle n’aimait pas vraiment la ville. Le premier contact qu’elle a eu avec la vie d’ici lui a fait peur, car les gens semblaient très agités, nerveux. « Mais au cours du temps, je peux dire que je suis tombée amoureuse de Bucarest et que j’ai commencé à l’aimer beaucoup. Je pense que ce sentiment s’est développé lorsque j’ai rencontré des gens formidables qui m’ont montré un autre visage de la ville. J’aime les gens de Bucarest, ils sont très ouverts. J’aime aussi que cette ville ne « dort jamais », on trouve toujours quoi faire pendant la nuit », explique la violoniste.

De plus, elle a découvert que Bucarest est plein d’artistes de tous les domaines, que « la ville vit et respire à travers l’art. J’ai l’impression que tous les artistes sont connectés les uns aux autres, qu’ils se respectent. Nous, les musiciens, nous nous connaissons et nous nous aidons vraiment. »

« La jeune génération m’a aidée à m’intégrer »

Venir à Bucarest a signifié un changement majeur dans sa vie. Noga a décidé de  n’équivaloir  pas ses études en Israël, elle l’a donc repris à zéro dans la Capitale de la Roumanie. « J’ai voulu  étudier autant que possible avec le professeur Gabriel Croitoru, donc je n’ai pas équivalu  mes études. Cela a été très difficile pour moi lors de ma première année d’université, d’autant plus que j’étais beaucoup plus âgée que mes collègues. Je ne connaissais personne, j’avais peur de parler en roumain à cause de l’accent, mais aussi la peur de faire des erreurs. Nous n’avons presque pas interagi avec personne. L’aide est venue de cette jeune génération de Roumanie qui m’a surpris. Les jeunes sont très ouverts, ils te reçoivent et t’aident à t’intégrer, ils t’aident avec ce dont tu as  besoin. La deuxième année, j’ai commencé à être connue par des musiciens et ils m’ont invité à jouer avec eux. A cette occasion, je remercie M. Radu Chisu, le maître de concert de la Chambre Royale, qui a confiance en moi et m’appelle en chaque projet près de lui », a déclaré la violoniste israélienne.

Noga a joué le violon sur toutes les grandes scènes de Bucarest.

La jeune artiste a de nombreuses collaborations professionnelles: elle joue avec l’Orchestre des Jeunes Roumains, mais elle est impliquée aussi dans des projets réalisés par la Philharmonique « George Enescu ». Elle s’intègre parfaitement dans la vie artistique de la Capitale de la Roumanie, connaissant de nombreux instrumentistes qui la soutiennent et la recommandent pour des projets.    « À Bucarest, où j’ai tout recommencé à zéro, une nouvelle vie, je n’étais pas sûre de réussir. Maintenant, je travaille avec les meilleurs musiciens, j’ai les meilleurs professeurs et je joue le violon  sur les scènes les plus importantes de la ville. J’ai de nombreux projets avec quelques orchestres à Bucarest et à l’étranger. En parallèle, j’étudie beaucoup pour me développer professionnellement », avoue la jeune femme.

Elle veut rester à Bucarest

La jeune femme d’Israël a commencé aimer la tourmente de Bucarest.

Noga ne cache pas qu’elle désire s’installer définitivement à Bucarest. Mais jusqu’à ce que ce rêve se réalise, elle apprécie tout ce qui lui arrive et les moments de détente qu’elle passe à l’Athénée Roumain, qui, selon elle, est un endroit plein de magie et d’énergie, un lieu d’histoire dans lequel elle étude pendant des heures sans se sentir fatiguée. « À l’Athénée Roumain, je sens que je me perds en temps et je sens que toutes les angoisses et le mal du monde s’arrêtent. L’énergie dans cet endroit est incroyable. Parfois ça me fait peur. De cet endroit, vous partez avec l’esprit et l’âme nettoyés de tout ce qui est négatif. C’est juste un endroit magique ».

Dans ses moments de tranquillité elle aime « se perdre » à travers le Vieux Centre, un autre coin de Bucarest qu’elle aime pour l’ambiance, pour le mélange entre générations, pour le mélange  culturel.

Le parc Cismigiu ne lui est pas étranger non plus. Proche du Conservatoire, cet endroit l’a aidée à surpasser de nombreux moments difficiles. Ici, elle « se cachait » quand c’était dur et elle se sentait seule.

Elle reconnaît que nulle part au monde il n’est facile de vivre de l’art, mais d’après ce qu’elle a observé, Bucarest a une vie culturelle intense, avec de nombreux concerts, avec de théâtres, de l’opéra … C’est une ville conviviale avec les jeunes, mais aussi avec les étrangers.

« L’art implique beaucoup de travail. Cependant, je pense que l’on peut vivre de l’art. Vous ne vivez pas dans une grande richesse, mais vous vivez heureux en faisant ce que vous aimez. Je pense que la chose la plus importante est de faire ce que vous aimez et ce qui vous rend heureux. L’art est le plus beau cadeau que l’humanité ait reçu. C’est pourquoi nous devons l’apprécier et le soutenir », explique Noga.

Itinéraires touristiques organisés

Tous les artistes recommandent le parc Cismigiu pour se détendre.

Comme suite à l’expérience que Noga a acquise à Bucarest, j’ai demandé à Noga de me dire ce qui devait être changé concernant l’image de la ville. La jeune violoniste a tout d’abord souligné le nettoyage des rues comme un problème à résoudre. Elle a  déclaré aussi que des solutions devraient être trouvées pour ajouter de la couleur au paysage gris généré par les blocs communistes.

Dans une ville avec tant d’endroits à visiter, Noga estime qu’il est nécessaire d’organiser des itinéraires touristiques organisés, afin que les visiteurs aient la possibilité de découvrir les vraies beautés de la ville. À cet égard, elle indique une visite organisée aux monuments historiques de la Capitale de la Roumanie, mais aussi la création d’un site dans lequel toutes les possibilités offertes par Bucarest sont présentées. « En dehors de ces petits changements, je pense que Bucarest répond à toutes les exigences et désirs  des touristes de toutes catégories ».

Auteur: Ștefania Enache
Photo: Corina Gheorghe
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