Feras Sarmini, le musicien que Bucarest a choisi et lui a permis de se développer par l’art

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Feras Sarmini est un étranger que “Bucarest a choisi” et a adopté. La ville l’a reçu sans réserve et lui a offert l’opportunité de se développer professionnellement. Feras est un violoniste et étudiant boursier de l’État Roumain, doctorant à l’Université Nationale de Musique de Bucarest. C’est l’art qui a facilité son voyage en Roumanie. Le temps qu’il a passé dans notre pays l’a fait tomber amoureux de ces lieux.

Le musicien est impliqué dans la vie culturelle de Bucarest.

Parmi les concerts, événements, cours, Feras a pris le temps de nous partager son histoire. C’est l’histoire d’un homme qui est parti d’un pays plein conflits, la Syrie. C’est l’histoire d’un artiste arrivé dans une ville qui lui permet de vivre sa vie à travers ce qu’il aime: la musique.

Je m’appelle Feras et je suis violoniste. Je suis passionné par la musique depuis mon enfance et je l’ai choisie comme mode de vie. C’est la musique qui m’a conduit à Bucarest, et ce que je vis maintenant est une étape  que je considère comme repère  dans mon parcours musical. Je suis né et j’ai vécu en Syrie, où j’ai terminé mes études de lycée et j’ai obtenu ma licence, et après un certain temps, j’ai été l’un des chanceux à obtenir une bourse dans un autre coin de ce monde, à Bucarest », explique le musicien.

Il est venu à Bucarest pour étudier dans le cadre d’un programme de Master, et après avoir finalisé  cette étape, il lui semblait naturel de continuer sa formation académique. Les résultats exceptionnels obtenus grâce à une bourse de Master de l’État Roumain lui ont permis d’accéder au programme de doctorat de l’Université Nationale de Musique de Bucarest. Feras nous dit qu’il a eu la chance d’avoir une bourse de l’Etat Roumain pour faire son doctorat.

Il étudie la musique de Dimitrie Cantemir

En Roumanie, il ne s’est pas limité seulement d’étudier. Feras s’est parfaitement intégré dans le paysage culturel de chez nous et a déposé des efforts soutenus pour avoir son mot à dire sur les scènes musicales roumaines. Aujourd’hui, il joue sur la scène du Théâtre Juif d’État, mais en même temps, il donne de nombreux concerts, à Bucarest et au pays.

Et tout a commencé par une heureuse rencontre qu’il a eu dans le Vieux Centre. « Dans les premiers jours après mon arrivée dans ce pays, alors que j’apprenais encore la langue roumaine, alors que j’étais dans un café du Vieux Centre, j’ai rencontré un groupe de jeunes. Ils jouaient de la guitare et ils étaient au début de chemin. Ils chantaient périodiquement dans ce café. J’ai eu une conversation intéressante avec eux et finalement ils m’ont invité à chanter dans leur prochain concert.  Toute a commencé comme ça », se souvient Feras.

Les choses ont évolué de plus en plus avec l’intégration du jeune homme au milieu universitaire. Au cours du programme de Master, l’un des professeurs lui a proposé comme thème d’étude: la musique de Dimitrie Cantemir et les influences mutuelles entre la musique classique ottomane et la musique des Balkans, les raisons communes entre eux. “Je m’intéressais au sujet et j’ai donc décidé d’écrire une œuvre pour doctorat sur la musique instrumentale classique de l’Empire Ottoman, en gardant à l’esprit que l’Empire Ottoman prédominait au Moyen-Orient.  J’ai collaboré aussi avec ce professeur dans de nombreux concerts de musique baroque d’influence orientale », souligne le jeune homme.

Il a concentré sa thèse de doctorat sur le rôle de la musique dans les relations entre les groupes ethniques.

Et comme la musique est son mode de vie, Bucarest lui a permis de vivre de nombreuses expériences extraordinaires dans ce domaine. “Une autre expérience intéressante que j’ai vécue a été le moment où j’ai rejoint un groupe de rock roumain (n. Trees Orchestra) et nous avons réussi à sortir un album intitulé « Aman ».  J’ai inséré des éléments orientaux dans la musique rock, donnant naissance à un nouveau style. De plus, j’ai collaboré à de nombreux projets liés à la musique orientale, dont “Khan of Art”. Je travaille aussi á  mon nouveau projet “Battements de Orient”, un projet basé sur les recherches scientifiques que je mène pour l’élaboration de ma thèse de doctorat. L’objectif du projet est d’inclure des musiciens de différentes nationalités et ethnies pour créer un nouveau dialogue musical riche. Notre premier concert a eu lieu en octobre 2019, au Cercle Militaire. “Battements de l’Orient”, c’est comme un nouveau-né qui a besoin de soins émotionnels et de financement de la part d’éventuelles parties qui ont la possibilité de nous soutenir “, explique le musicien. 

Il a été étonné par la voix puissante de la nature qu’il a découverte à Bucarest

Je l’ai demandé pourquoi il avait choisi Bucarest pour réaliser ses rêves musicaux, et la réponse donnée est une preuve claire qu’il a une profonde gratitude pour la ville qui lui a permis de se développer de tous les points de vue.

Ce n’ai pas moi qui a choisi Bucarest, je dirais que Bucarest m’a choisi. J’étais en Syrie, qui était en guerre depuis longtemps, et je n’avais aucune idée de la fin de cette situation. De plus, mon désir de poursuivre mes études de master en musique m’a consommé. Je n’ai pas eu l’occasion de les suivre dans le pays où je suis né, j’ai donc commencé à faire des demandes pour des bourses dans le monde entier. Et j’ai été admis à Bucarest », souligne Feras.

Le mélange architectural de Bucarest enchante tous les étrangers.

Lorsqu’il est arrivé dans la ville qui l’a adopté, le musicien a été émerveillé “par la verdure et la multitude de couleurs des fleurs, par la voix forte de la nature, bien que Bucarest soit une ville et non pas une zone rurale“. Tout était impressionnant pour quelqu’un qui venait juste du Moyen-Orient. Il a été étonné aussi par le mélange architectural qu’il prétend être spécifique à Bucarest. Le mélange entre les bâtiments historiques et la façon dont la ville semble être adjacente à l’architecture de style communiste offrent une note unique à Bucarest.

Et parce qu’il est passionné par la couleur de Bucarest, il passe son temps libre au milieu de la nature, dans l’un des parcs de la ville.

« J’aime passer mon temps libre dans les magnifiques parcs de Bucarest, en particulier à Cișmigiu. Dans ce parc, je peux passer une journée entière, sous un arbre, lire, manger et profiter des moments de relaxation. En hiver, je préfère aller dans des endroits plus chauds que je fréquente avec mes amis, notamment dans les cafés où se déroulent des activités culturelles. Je combine donc l’utile à l’agréable: j’apprécie un thé, un café, mais je regarde aussi une pièce de théâtre ou un événement musical. Je vais dans les parcs en été et dans les cafés culturels toute l’année, mais surtout, j’aime rester à la maison, au salon où la bibliothèque m’entoure et où je peux chanter de la musique, lire, boire du thé et me relaxer », explique Feras. 

Bucarest est une ville animée toute l’année

 Feras Sarmini est reconnaissant à Bucarest pour toutes les opportunités lui offertes, mais surtout parce que la ville lui a ouvert ses portes et lui a permis d’étudier, de travailler. « J’ai fait de nombreuses découvertes dans une ville qui accueille de jeunes projets et des esprits vivants. J’aime aussi le fait que c’est une ville qui vit toute l’année. Contrairement à d’autres capitales européennes, Bucarest est éveillée jusque tard dans la nuit et le centre de la ville est ouvert et plein de monde. En fait, Bucarest est une ville avec un large éventail d’événements culturels, les gens sont ouverts à toutes sortes de manifestations culturelles. J’aime moins le fait que les transports publics n’aient pas un rythme prévisible, même lorsqu’il n’est pas aggloméré. Cette situation entraîne une perte de temps chaque jour », souligne le jeune syrien.

Bucarest est la ville qui permet aux artistes de se développer.

Quand il fait le tour de la ville, il est ravi que les gens soient amicaux, ouverts. « La gentillesse des gens rend difficile la différenciation et il est difficile de te rendre compte s’il s’agit d’une petite ville, de province ou d’une capitale », souligne le musicien, se référant au fait que dans d’autres métropoles du monde, les gens presque s’enfuient les uns aux autres, étant extrêmement réticents envers les étrangers. « Bucarest est une ville conviviale avec tout le monde. Jusqu’au présent, je n’ai pas eu le temps de me sentir étranger, au sens négatif du terme. C’est á dire, tout le temps les gens ont été ouverts et amicaux, surtout quand ils découvrent que je suis un étranger. Bucarest a de nombreuses salles de concert, de nombreux projets accessibles et de nombreux musiciens avec lesquels on peut collaborer et créer de nouveaux projets. De plus, le public de Bucarest est varié, éduqué et ouvert à toutes sortes de musique et apprécie l’art. Alors oui, un artiste peut se développer professionnellement ici », note Feras Sarmini.

Le jeune musicien vit la vie jour par jour et n’a pas fait encore des plans sur qu’il fera après avoir obtenu son doctorat. Cependant, il admet que la beauté de la ville dans laquelle il vit maintenant le pousse à s’installer définitivement à Bucarest.

Auteur: Ștefania Enache
Photo: Corina Gheorghe
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