Les capitales au cœur du Petit Paris (VI) – Rue Madrid

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Notre voyage à travers les capitales du monde se poursuit aujourd’hui et nous nous arrêtons à Madrid, mais également à Stockholm. Le passage peut se sembler soudain, sauf que les deux rues portant le nom de capitale au cœur de Bucarest sont si proches que vous ne pouvez pas rater l’occasion de les visiter toutes les deux en une journée.

Dans la Rue Madrid, nous allons entrer dès que nous laissons derrière nous la Rue Brasilia (Brésil), avec ses villas de couleur du sable et ses figues aux portes.

La sonorité latine du nom nous fait penser de marcher dans un coin luxuriant, exotique. La Rue Madrid n’a pas autant de végétation qu’on penserait ou de constructions exotiques nous portant en imaginaire à travers le monde. Elle a par contre de maisons robustes, la dominante étant les constructions avec rez-de-chaussée et un niveau (éventuellement une mansarde), semblant beaucoup plus hautes comparativement aux immeubles des autres rues de la région.

Rue surveillée par les immeubles de Dorobanti

La rue s’ouvre vers le Boulevard Dorobanti, ses immeubles établissant une limite, un peu brutale, entre l’atmosphère chaleureuse du milieu du 20ème siècle et la promesse de l’agitation imparable marquant la fin de ce siècle et le début du 21ème siècle.

Le Prof. Nicolae Lascu de l’Université d’Architecture et d’Urbanisme « Ion Mincu » nous dit que la région dans laquelle les rues portent les noms de capitales est le résultat de l’urbanisation cohérente de certaines parcelles, plus ou moins étendues (avec plus ou moins de terrains / parcelles construites). « La première a été approuvée par la mairie en 1912, la dernière en 1935. « Les styles » des constructions – principalement des habitations – sont inscrits dans les tendances architecturales dominantes de la période, en tenant compte, bien sûr, du moment quand celles-ci ont été conçues et réalisées, mais aussi des goûts ou des préférences du propriétaire », souligne l’expert.

En fonction de la période quand les constructions ont été réalisées, nous pouvons établir, très schématique, les styles de la région.

« L’architecture éclectique présente dans cette région de Bucarest est l’une portant les influences françaises, par la reprise, l’interprétation et l’adaptation de certains modèles d’habitations de France de l’époque, tandis que l’architecture néo-roumaine a cherché ses sources dans l’ancienne architecture culte et celle du milieu rural, adaptées à certains immeubles à caractère urbain moderne. Jusqu’à la Première Guerre Mondiale, la plupart des immeubles sont de facture éclectique et néo-roumaine. Après 1920, l’architecture éclectique est en train de disparaître, l’architecture néo-roumaine continue à exister, jusqu’au milieu des années 1930, mais la plupart des immeubles de la période entre les deux guerres mondiales s’inscrivent dans l’architecture Art Déco et celle moderne. Finalement, pendant la seconde moitié des années 1930, des immeubles de facture méditerranéenne (avec de reflets vénitiens, par exemple) apparaissent également sur ces rues » explique Monsieur le Professeur Lascu.

Villa en style néo-roumain.

La Rue Madrid est presque soumise à la villa numéro 4. L’immeuble est bâti en style néo-roumain, étant robuste comme une cité. Avec un balcon comportant de détails en bois inspirés des vérandas ruraux et la tour voûtée caractéristique à ces demeures, la villa contraste presque violemment avec l’immeuble d’habitation qui semble de la défendre du monde agitée du boulevard.

Et comme la paix chaleureuse de ce quartier de villas nous transforme en prisonniers ne pouvant pas se détacher de cet endroit de Bucarest, nous pouvons passer aussi sur la Rue Stockholm, une accolade de la Rue Madrid. Mais sur Stockholm, nous vous le dirons la prochaine fois.

Un musée des styles architecturaux

Pour les passionnés d’architecture, mais aussi pour le touriste désireux à découvrir le plaisir de visiter la partie historique de Bucarest, la région dominée par les rues portant les noms de capitale représente un vrai musée en air libre où l’entrée peut être faite de toute ville du monde.

L’Architecte Dan Baciu dit que, dans le paysage de l’architecture de Roumanie, cette région est l’une de très spéciale. « Il s’agit d’une des régions la meilleure structurée du point de vue urbanistique et architectural, spécifique à la période des deux guerres mondiales. La richesse de styles a comme motivation le fait que les règlements d’urbanisme n’imposaient pas de solutions stylistiques. Ni à ce jour, sauf les zones protégées ; détaillées jusqu’au niveau d’adresse postale. L’implication du Ministère de la Culture, par la commission de spécialité, et INP, en élaborant les fiches avec les obligations d’utilisation des constructions monument historique, est une autre mesure s’imposant », mentionne l’architecte.

Auteur: Ștefania Enache
Photo: Corina Gheorghe
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