Les Capitales au cœur du Petit Paris (VII) – Rue Tirana

Les capitales au cœur du Petit Paris nous ont donné l’occasion de « voyager » dans des mondes différents et de découvrir l’unicité des rues que seul Bucarest possède. À l’abri du tumulte de la ville, ces endroits riches en immeubles spectaculaires nous « obligent », au fur et à mesure que nous les traversons, à ne pas nous arrêter de les explorer. Bien que « baptisées » après les métropoles trouvées dans des différents coins du monde, les rues portant le nom de capitale forment une union extraordinaire où Londres te dirige voir Paris, Paris te dirige vers Madrid, Madrid vers Prague….

Et comme nous ne pouvons pas nous arrêter de ce voyage avant de traverser la dernière rue, nous vous invitons aujourd’hui à visiter ensemble Tirana.

Coquette, lumineuse, la Rue Tirana coupe radialement les arcs de cercle décrits par la Rue Modrogan et l’Allée Alexandru – dont les extrémités s’ouvrent sur le Boulevard Aviatorilor avec perspective vers le Monument des Héros de l’Air – et se poursuive jusqu’à la rencontre avec la Rue Paris. Les couleurs d’automne décident le jeu de lumières tout au long du trottoir généreux et du carrossable, c’est donc un moment idéal pour la randonnée.

Sur la Rue Tirana, le temps semble s’être arrêté.

Et nous commençons notre exploration avec l’immeuble du numéro 1.

Hautaine, blanche, la villa du numéro 1 nous apparaît avec une arrogance née de la conscience de sa beauté.

Cataloguée au titre de monument historique, la villa a été bâtie entre les deux guerres, en style néo-roumain, avec une volumétrie simple nous souvenant du voyageur, tel que le nom de la rue le fait, que ce coin de la ville se trouve à la porte des Balkans. Des arcades de maçonnerie en dentelle à des motifs floraux encadrent les fenêtres et la porte d’entrée.  Les arcades simples poursuivent les colonnades du pavillon tandis que les mêmes motifs floraux sont repris dans les détails décorant le porche et l’escalier extérieur principal.

La beauté de cette maison est complétée par les piliers en bois observés dans le porche, qui rappellent des maisons paysannes, mais aussi des manoirs de boyards des villages de colline et de montagne.

Tous ces éléments nous montrent d’avoir devant nous une construction réalisée en style néo-roumain.

Oasis de paix au cœur d’une ville tumultueuse

Les autres villas proposées au spectateur traversant la rue Tirana forment un mélange de styles : moderniste, art déco et néo-roumain. D’ailleurs, c’est la spécificité de l’endroit où des maisons uniques ruissellent d’une partie et de l’autre de la rue, sous la paix des arbres vénérables, témoins d’histoires passées.

L’atmosphère enveloppant la Rue Tirana est calme, et la paix dominante résulte de cette rupture du tumulte spécifique à une ville tellement grande comme Bucarest.

Une fois y arrivé, vous vous éloigné du reste de Bucarest et vous vous débarrassez du bruit et de l’agitation du cœur de la Capitale.

Nombreuses des maisons de la Rue Tirana « cachent » de sièges d’entreprises, qui semblent de vouloir s’échapper des endroits « à la mode » où nous trouvons les corporatistes.

Sur la Rue Tirana, les passants sont rares, même aux heures de pointe, et les véhicules sont aussi rares. Au tour de midi, seuls les écoliers et les grands-parents et un propriétaire promenant son chien troublent les feuilles tombant lentement sur le trottoir.

Même les personnes fréquentant les restaurants de la zone (ceux de la Rue Tirana, mais aussi ceux de la rue voisine, Paris) respectent cette atmosphère et laissent les véhicules dans les parkings généreux au bout de la rue et viennent tout au long de la rue, comme s’ils se promenaient.

C’est incroyable de voir comment, à quelques pas du cœur de Bucarest, nous rencontrons des gens qui, pendant plusieurs peut-être, refusent de se dépêcher…

Marchant plus loin sur la rue Tirana, hypnotisés par la paix dominant cet endroit, nous arrivons sur la mystérieuse Rue Modrogan. Ici, la végétation sort victorieuse de la permanente guerre avec le béton, dont les effets apparaissent partout en Bucarest.

Les deux villas en style néo-roumain, gardant Tirana, donnent l’impression d’arrêter le tumulte de la ville de ne pas envahir la zone.

Au point de rencontre entre la Rue Tirana et la Rue Modrogan, au numéro 6, une villa monument historique se trouve. Cet immeuble a été bâti toujours au début du XXe siècle et toujours en style néo-roumain.

Il est intéressant comme les pavillons des deux entrées impressionnantes (celle du numéro 1 et celle du numéro 6) gardent la Rue Tirana. Ils le font comme les tours d’observation des anciennes cités paysannes, stratégiquement bâties sur les collines de Munténie, comme un bouclier contre les envahisseurs.

À ce jour, ces pavillons donnent l’impression que leur rôle est d’arrêter aux bouts de la rue la course folle de la ville, qui, s’évanouit ainsi dans ce quartier. Et ainsi, le temps, d’une manière presque miraculeuse, redevient l’ami des gens.

 

Auteur: Ștefania Enache
Photo: Corina Gheorghe

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